Camaïeu : offre de reprise par la Financière immobilière bordelaise

5 octobre 2020

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Actualité

Camaïeu : offre de reprise par la Financière immobilière bordelaise

Parmi les offres de reprise de l’enseigne de prêt-à porter féminin, placée en redressement judiciaire depuis le 26 mai, 2 propositions se sont démarquées entre l’actuel PDG de l’entreprise, et un projet extérieur.

Le tribunal de commerce de Lille a fait son annonce le 17 août. Camaïeu est finalement repris par la Financière immobilière bordelaise.

Le tribunal de commerce de Lille a examiné les 7 propositions déposées pour la reprise des magasins Camaïeu depuis fin mai. Sur les 7 offres présentées, celle de la Financière immobilière bordelaise (FIB) a particulièrement retenu l’attention des syndicats. Il s’agit d’une holding dont le patron est l’industriel Michel Ohayon. Dans les grandes lignes, le projet prévoit de conserver 511 magasins et près de 2.700 emplois sur les plus de 3100 actuels.

Pendant le débat, le prix de reprise a tout de même été jugé « faible » selon le tribunal. Il a par ailleurs qualifié la proposition de la Financière immobilière bordelaise « particulièrement indécente ». Néanmoins la pérennité de l’entreprise a primé, c’est pour cela que le tribunal de commerce de Lille a préféré l’offre la mieux-disante sur le plan social.

511 magasins conservés y compris ceux du siège de l’entreprise à Roubaix

Le patron de la Financière immobilière bordelaise (FIB), Michel Ohayon, est un industriel spécialisé dans l’immobilier commercial, il s’est aussi diversifié dans l’hôtellerie de luxe et les grands crus. En 2018, il avait fait l’acquisition des 22 franchises Galeries Lafayette. Soutenu par le comité social et économique (CSE) et l’intersyndicale CFDT-CGT-FO, l’homme d’affaire Michel Ohayon doit reprendre les 511 boutiques et plus de 2600 salariés, sur les 634 boutiques et 3146 salariés actuels. La FIB s’engage pendant 5 ans à garder le siège à Roubaix, ainsi que le bâtiment logistique, il conservera d’ailleurs le prestataire logistique Dispéo.

Pour le représentant de la CGT, Omar Rahni, le projet de la Financière immobilière bordelaise présente moins de « casse » comparé à la proposition de reprise par l’équipe dirigeante. Il n’est, selon lui, pas pensable de soutenir un PDG « qui a coulé la boîte, la mise en redressement, a bénéficié des aides de l’État et a profité que l’ardoise soit effacée pour fermer des magasins et licencier du personnel ».

La proposition de l’actuel PDG déboutée

Selon le délégué syndical de la CGT, Thierry Siwik, l’offre déposée par l’actuel patron de l’enseigne Joannes Soënen n’était « pas réjouissante » ! En termes d’emploi, le PDG s’engageait à conserver
2520 salariés pour les 446 des 634 magasins actuels.

« Nulle reprise ne peut réussir sans le soutien des équipes et des salariés » c’est en effet ce que le tribunal a mis en avant lors de l’audience, tendue, qui s’est déroulée le 24 juillet. À l’issue de cette audience tenue devant le tribunal de commerce, M. Soënen avait assuré avoir « un plan bien identifié, une feuille de route claire » « pour que Camaïeu puisse se dynamiser pour les dix prochaines années ».

Dans son jugement consulté par l’Agence France Presse, le tribunal a souligné que « l’équipe dirigeante [actuelle] n’a pas su ou pas pu acquérir et conserver la confiance du personnel ».

Une victoire pour « l’immense entreprise qu’elle a été »

L’avocat de la FIB, Olivier Pardo a déclaré vouloir que l’enseigne Camaïeu « redevienne l’immense entreprise qu’elle a été » et n’a pas caché sa joie auprès de l’AFP. A contrario, l’actuelle direction n’a pas souhaité réagir à la décision du tribunal.

Interrogée par l’AFP, aucune des parties n'avait fait de pronostics assurant que chacune de ces 2 offres avaient 50% de chances de gagner. L’avis des différents membres du tribunal était d’ailleurs lui-même divisé au cours de l'audience.

La crise sanitaire n’a pas affecté uniquement les petites entreprises. En redressement judiciaire depuis le 26 mai 2020, l’entreprise « fast-fashion » Camaïeu, fondée en 1984 , avait déjà débuté un plan de transformation et par la même occasion, était sur le point de signer un accord avec les actionnaires et les banques.

Une source proche de la direction a précisé que le prêt garanti par l’État, « aurait permis de

surmonter » cette situation. D’après cette même source « la crise sanitaire a obligé le groupe à fermer brutalement plus de 800 magasins dans le monde », entraînant un « manque à gagner de 162 millions d’euros ».

En 2016, la marque Camaïeu avait déjà négocié avec ses créanciers pour que la moitié de sa dette, qui s’élevait alors à un milliard d’euros, soit convertie en actions. Fin 2018, la société avait subi une procédure de sauvegarde et avait été reprise par ses créanciers. C’est en connaissance de ces éléments que la CFDT-CGT-FO et les syndicats des filiales belge et luxembourgeoise ont affirmé avoir la « profonde conviction » que « dès le mois de mars, tout était organisé » pour « passer par une faillite et non par un plan social négocié ». Ce que la direction a réfuté.